A.S.M. - Les Anciens de Saint-Michel
logo
Accueil
Actualite
Qui sommes-nous ?
Evenement caritatif
Ce sont des Anciens
Anciens et lyceens
Un peu d'histoire...
Devenir membre
Photos / Videos
Liens preferes
Livre d'or
Contact
Adhesion


 " labor omnia vincit improbus "

 

BIENVENUE  SUR  LE  SITE  DES   

  ANCIENS  DE  SAINT  MICHEL - ANNECY

 

Si vous êtes un ancien de Saint-Michel à Annecy, 

CE SITE EST LE VOTRE !

 

Page facebook des anciens :  Les Anciens de St Michel Annecy

 

******

 

RENCONTRE AVEC UN ANCIEN...

 

Aujourd'hui : Bernard BOSSON !

 

 

Bernard BOSSON

Ancien élève de 1952 à 1966

Maire d'Annecy pendant 24 ans

Député de Haute-Savoie, Secrétaire d'État et Ministre.

Président d'honneur de l'association des Anciens de St Michel

 

« Un très, très beau souvenir. Saint-Michel a un message merveilleux ! »

 

Bernard BOSSON, personnalité incontournable pour les annéciens, ancien Président des Anciens de St-Michel, a eu la gentillesse de nous recevoir et a accepté de répondre en toute simplicité et sincérité aux questions des Anciens !


Bernard BOSSON, qu’évoquent pour vous ces années passées à St-Michel ?

Je suis rentré à St-Michel en 11ème (CP aujourd'hui) en septembre 1952, date de l’ouverture de la 11ème, et j'y suis resté jusqu'à la "math élém." (Terminale S aujourd'hui), c'est-à-dire au total 14 ans !
14 ans ça marque, et j’ai beaucoup aimé la communauté qui vivait à St-Michel, avec quelques rares civils, complètement intégrés à l’esprit. La semaine commençait le dimanche soir et se terminait le samedi midi, ce qui créait un sacré lien. Mes 2 frères étaient aussi à Saint-Michel.

Quel a été votre parcours après St-Michel ?

J’ai fait des études de droit, mais avec la volonté de rester à Annecy. J’ai d’abord été Avocat à Lyon, puis à Annecy, pendant 13 ans.
En 1983, j’ai été élu Maire d’Annecy et en 1986, Ministre, de l’Europe, des collectivités locales, puis de l’équipement, des transports, le tourisme et la mer. J’ai également été 20 ans au Parlement.
Du jour où j’ai été élu, j’ai trouvé normal d’arrêter immédiatement ma profession pour me consacrer pleinement à mes mandats.

J'ai été maire d'Annecy pendant 20 ans. C’est un parcours passionnant, une vie très intéressante, et je signerais s’il fallait recommencer ! J’ai adoré mes fonctions à Annecy, avec une population généreuse, une osmose particulière. Annecy est une commune extraordinairement bienveillante et par conséquent attachante.

Comment s’organisait la vie quotidienne à St-Michel ?

C’étaient des règles tout à fait révolutionnaires.
Nous étions internes en chambre de 10, en étude de 10, avec un chef d’équipe et un sous-chef d’équipe, tous deux élus. Les enseignants n’avaient aucun pouvoir disciplinaire, celui-ci appartenait uniquement aux élèves élus, et bien-sûr au directeur. Les enseignants devaient se faire respecter sans pouvoir de discipline.

Le Père Gayet disait que la confiance qui nous était accordée n’allait évidemment pas sans la surveillance du père de famille qu’il était.
Je me souviens que lorsqu’il arrivait au bout du couloir de l’étude, on entendait 2 petits coup sur les tuyaux pour avertir de son arrivée ! Le balancier entre liberté et surveillance, une responsabilité conjointe. Il était le confesseur également, ce qui compliquait un peu les rapports parfois.

On avait tous les soirs des cours d’instruction civique, voire d'expression politique libre, ce qui était tout à fait extraordinaire pour l’époque. Nous étions aussi liés avec la communauté de la Vienne, Craponne, Troyes, Fribourg,… On se déplaçait en mini bus, le fameux « Tintin » !
Sous la houlette de Monsieur Mathieu, la chorale avait fait un 45 tours et nous nous étions produits dans l’Europe entière, en aube et petite croix, notamment à Lourdes pour l’inauguration de la basilique souterraine, avec 1000 jeunes. Il n’y avait pas de période de vacances où on ne retournait pas à Saint-Michel. Le Père Gayet avait monté une chorale de Gospel, il adorait cette musique, qu’il percevait comme presque sacrée. Il aimait beaucoup chanter.

Quels souvenirs marquants gardez-vous de ces années ?

La personnalité exceptionnelle des professeurs, rayonnants et très attachants. On était très proches d’eux. Encore aujourd’hui, je pourrais vous citer tous les noms des enseignants et des professeurs, tellement ils nous ont marqués. Certains plus que d’autres évidemment…
Le Père Much, un ancien de la 2ème Division Blindés, qui ne voulait pas d’eau chaude, ça ramollissait selon lui ! A 6h45, on levait les couleurs. Je me rappelle son dynamisme, sa puissance.
Le Père Gayet nous avait enseigné le devoir d’état, car nous avions eu la chance de faire des études. Selon lui, on avait ce devoir quel que soit son métier. Il avait des exigences morales et c’était un véritable exemple pour nous.
Le père Rory O'Sullivan, Irlandais, qui m’avait fait voyager à Londres pour murir un peu !
Il était aumônier dans la Marine. Il a sauvé des enfants africains lors d’un naufrage. Son bateau avait été torpillé pendant la guerre et, dans la chaloupe, il a réussi à mélanger l’eau douce à de l’eau de mer pour donner à boire à tous les rescapés.
Le père Rory, qui donnait les cours d’anglais, avait révolutionné les cours pour faire l’anglais au-dessus de sa chambre. Du coup, personne ne marchait au-dessus de lui quand il était dans sa chambre !

Quant à l’orgue, il avait monté un système pour couper l’électricité quand cela faisait du bruit dans sa chambre. Le Père Gayet a mis des années pour comprendre pourquoi l’orgue cessait soudainement de fonctionner !
Il adorait faire de la voile. Tous les matins, il allait en vespa Manurhin à la Visitation, simplement pour voir « son lac ». Il avait un amour pour l’eau et la nature. Il avait plusieurs décorations, mais taisait ce côté héroïque.
Je me souviens également d’un vieux colonel d’aviation que j’avais en 1ère et qui offrait volontiers une cigarette et un coup de gnole ou de whisky ! C’était une vie en communauté très étroite.
Mais il y en a beaucoup d’autres. Il y avait sans doute quelques tensions, mais ce n’était pas grand-chose, on ne garde que les bons souvenirs.

Quel bilan tirez-vous de ces années à St Michel ?

14 années où j'ai été très heureux ! De formidables souvenirs, j’étais très attaché à la communauté, car c’était notre famille, on y passait un temps fou. Les prêtres étaient à disposition, ils nous aimaient et étaient là pour notre développement. Ils étaient corvéables à merci. C'est finalement quand on s’en va qu'on se rend compte de leur dévouement pour notre développement.
Saint-Michel est un cadeau du Ciel, ils étaient consacrés à Dieu et à nous. Nous avons tous gardé des liens forts entre nous.

Justement, quels liens avez-vous gardés de cette époque ?

Comme je vous le disais, des liens très forts. Le père Gayet m’a marié, il a baptisé et marié ma fille !
Sur ma classe on est encore 7 à être en lien, plusieurs fois par mois. Puis bien-sûr des contacts avec d’autres, et les repas des Anciens !
J’ai conservé des liens avec le Père Rory, le Père Gayet, des échanges épistolaires avec le Père Much qui est parti à Montréal.
Je ne réalise pas bien ce qu’est Saint-Michel aujourd’hui, c’est un autre monde, mais l’évolution a été bonne.

Saint-Michel ne cherchait pas à faire des chefs, mais des adultes responsables. Un très, très beau souvenir, Saint-Michel a un message merveilleux !

 

Merci Bernard BOSSON !

 

 

 

 

Contactez-nous

 

info@anciens-stmichel.fr

 


A.S.M. | info@anciens-stmichel.fr